Destination Mexique: Le Templo Mayor, un monument aztèque d'exception

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Le Templo Mayor, un monument aztèque d'exception

Le Templo Mayor, un monument aztèque d'exception

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Parmi nous certains soldats avaient déjà beaucoup voyagé et avaient connu notamment les merveilles de Rome, mais à notre arrivée dans l’incroyable cité de Tenochtitlan… nous restions bouche bée devant tant de beauté, de couleurs et d’animation.

« Parmi nous certains soldats avaient déjà beaucoup voyagé et avaient connu notamment les merveilles de Rome, mais à notre arrivée dans l’incroyable cité de Tenochtitlan… nous restions bouche bée devant tant de beauté, de couleurs et d’animation. Sur la grande place centrale, beaucoup de mouvements, une multitude de gens, certains vendaient, d’autres achetaient, et dans le brouhaha des voix, plusieurs langues faisaient concert … »

  • Par Céline Simsic​
  • Photos : Jean Ralph Adiba

Ces mots, écrits par Bernal Díaz del Castillo dans son manuscrit « L'Histoire véridique de la Conquête de la Nouvelle Espagne », expriment la réelle admiration que les conquistadors ressentirent le 8 novembre 1519 lors de leur entrée dans la capitale de l’Empire des Mexicas, surtout connus sous le nom d’Aztèques.

Conduits par leur dieu tribal Huitzilopochtli (le dieu de la Guerre), craints pour leur férocité, pourchassés par les occupants du bassin de México, les Mexicas, dont l’origine est encore discutée, s’établissent après un long pèlerinage sur de petites îles de la lagune de México. Selon le mythe, le lieu où ils choisissent de s’établir leur fut indiqué par un aigle, posé sur un cactus tout en dévorant sa proie, scène qui est devenue l’emblème de la nation mexicaine. Ils y édifient le premier temple : le Templo Mayor, dédié à leur guide spirituel. Nous savons aujourd’hui, qu’en réalité, c’était le seul endroit qu’ils avaient de disponible pour s’établir. L’emplacement leur aurait été concédé par les Tépanèques contre un tribut et une assistance militaire.

 «Là où la divinité nous guide, nous élèverons sa maison…» Dès l’origine, la ville est construite en accord avec les convictions religieuses des Mexicas. Dans leur cosmographie, le monde est un carré divisé en quatre quartiers qui correspondent aux points cardinaux, avec au centre le pivot de l’univers: «l’axis mundi», qui met en contact verticalement la terre avec les différents niveaux du monde souterrain et des cieux. Cette conception est illustrée par la première page du Codex Fejérváry-Mayer. Symboliquement, Tenochtitlán avec ses quatre quartiers est une image du monde et le «Templo Mayor» qui est à l’intersection des quatre quartiers est le centre de l’univers.

Le Templo Mayor était une pyramide double, avec un double escalier et deux sanctuaires à son sommet, respectivement dédié aux dieux mythiques de la création et de la vie, Huitzilopochtli (dieu du soleil et de la guerre) et Tlaloc (divinité des cycles de l’eau et de la fertilité). Ces deux divinités illustrent la cosmovision des civilisations précolombiennes que l’on retrouve dans toutes les expressions artistiques, les productions monumentales complexes et abstraites qui sont à la fois très réalistes.

Les anciens peuples mésoaméricains reconstruisaient leurs principaux temples chaque cinquante deux an, au début de chaque cycle du monde. Selon les dernières recherches, le Templo Mayor édifié en 1325 a été reconstruit sept fois, mais chaque phase correspondrait à la succession des différents empereurs, en témoignage de leur dévotion.

 Les édifices principaux étaient entourés d’une enceinte de 20 m de large et de 2 m de hauteur, appelée « Coatepantli » (mur des serpents). A l’extérieur de ces murs se trouvaient les quartiers populaires entourés par le lac, sur lequel étaient construites des «Chinampas», parcelles dédiées à la culture, séparées par des canaux.

Comment s’imaginer que devant tant de beauté et d’harmonie, Hernan Cortès ait pu ordonner la destruction à feu et à sang de toute la ville ! Avec les pierres des temples, sont construits églises et bâtiments coloniaux, donnant naissance à la capitale de la Nouvelle Espagne ; 300 ans de colonisation enterrèrent cette belle cité et ses croyances.

 Cependant, le souvenir du passé et les secrets enfouis ressurgissent, le site archéologique qui émerge au milieu d’une des plus grandes villes du monde, continue de nous surprendre!

Peut-être y a-t-il parmi vous quelques uns qui se rappellent de la très excitante découverte le 21 février 1978, par des travailleurs de la compagnie d’électricité de México, d’une énorme pierre taillée en plein centre de la ville de México: le monolithe représentant la Déesse Coyolxauhqui. C’est l’une des plus importantes déesses du panthéon aztèque: la déesse de la Lune. La trouvaille avait attiré l’attention de tous. Comme c’était une époque d’abondance pour le Mexique (boom pétrolier), les fouilles ont très rapidement été lancées. Les archéologues mexicains connaissaient déjà les lieux où était construit le plus important temple élevé dans le site sacré de la grande Tenochtitlán: le Templo Mayor, porte d’entrée aux mondes de la cosmovision du grand peuple Aztèque. C’est en 1978, qu’ils décidèrent de dégager l’essentiel du temple. Avec une équipe interdisciplinaire, les travaux ont duré 5 ans et le résultat nous offre aujourd’hui l’une des visites les plus exotiques que nous puissions faire au milieu de cette ville immense.

Mais ce n’était pas fini!

Le 2 octobre 2006 l’équipe d’archéologues du Templo Mayor, fait de nouveau une découverte de taille.

 En face du site, dans un terrain appelé «Las Ajaracas», a été trouvée une autre pierre monolithique qui d’après l’archéologue José Alvaro Barrera: «elle représente sans doute, la déité Tlaltecutli dans sa version féminine». Tlaltecutli ou «Dame de la Terre», était connue par le peuple Mexica comme la «vorace mangeuse des corps des sacrifiés et des cadavres des morts».

  Le relief correspond à une déité tellurique et nocturne de sexe féminin, qui porte une jupe ornée de crânes et d’os entrecroisés. Le monolithe de 12.5 tonnes présente des détails uniques comme les crânes dans les coudes et les genoux et des représentations de drapeaux en papier qui symbolisent la mort et le sacrifice.  Son état au moment du dégagement n’était  pas excellent, le centre du monolithe étant fracturé en quatre morceaux.

  La pièce correspond à la septième étape de la construction du Templo Mayor, entre 1502 et 1521. Elle fut trouvée dans un endroit original entre le Temple et une autre bâtisse nommée Cuauhxicalco (tel que l’a décrit le chroniqueur espagnol Fray Bernardino de Sahagun).

 D’après les sources historiques, c’est dans ce bâtiment que furent enterrées les cendres de quelques gouvernants aztèques (Axayácatl et Tizoc par exemple) car c’était une tradition chez les Aztèques d’incinérer leurs  «Tlatoanis» (Rois Mexicas) pour ensuite les déposer dans une chambre funéraire au pied du site sacré : leur Templo Mayor.

 La déesse Tlaltecutli (quelques fois représentée sous une forme masculine), en plus de dévorer les corps des sacrifiés et les cadavres des morts, mangeait quotidiennement le soleil, au crépuscule. C’est pourquoi, ici, elle a été représentée avec des lèvres décharnées et du sang ruisselant hors de sa bouche (une idée terrifiante de nos jours). Mais si on considère la cosmogonie des Aztèques, cette déesse était essentielle pour assurer le miracle de la vie renaissante : le soleil était mangé par la terre chaque jour, mais chaque jour il renaissait triomphant, pour envelopper les êtres humains de sa chaleur et offrir tous ses bienfaits.

Le roi Mexica, au moment de mourir, était comparé métaphoriquement à l’astre Roi, au soleil, au moment de son coucher. C’est pourquoi le monolithe montre une image de Tlaltecutli avec les symboles de la mort et du sacrifice.

Dans la griffe de la déesse, se trouve gravé un glyphe du calendrier qui correspond à la date «10-lapin» (an 1502), date de la mort du Tlatoani Ahuizotl. Celui-ci était le dernier empereur aztèque qui conclut entièrement son règne avant l’arrivée des Espagnols (son successeur a été Moctezuma, l’empereur qui fut fait prisonnier par Cortes dès son arrivée à la Capitale des Aztèques). L’hypothèse est donc que le monolithe pourrait être la Pierre funéraire taillée en l’honneur d’Ahuizotl, huitième Empereur de Tenochtitlán qui gouverna les destins des Aztèques entre 1486 et 1502. Les Archéologues espèrent trouver les restes de celui-ci, dans les fouilles qui sont effectuées en ce moment sous l’emplacement de la pierre.

Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, rien de transcendant n’a été trouvé. L’archéologue José Alvaro Barrera, pense que si rien n’a été découvert, cela pourrait signifier que la pierre aurait été profanée au moment de la «Prise de Tenochtitlán» en août 1521, par les aztèques eux-mêmes (afin de sauver leurs objets les plus précieux).

Avec ou sans les restes de l’Empereur, cette trouvaille reste la plus importante des découvertes depuis 37 ans. Actuellement le monolithe a été déplacé pour sa restauration ; une fois ce délicat travail terminé, l’objectif est de  le replacer à l’endroit  même de sa découverte.

 La Ville de México a donné pour ce projet le terrain de 390 m2 «Las Ajaracas», afin de ne pas restreindre le champ des fouilles archéologiques, ni la restauration des édifices coloniaux qui se trouvent autour du site.

L’exposition de la Pierre Tlaltecutli est ouverte au public depuis 2010. Et pour le présent, nous pouvons admirer également les structures archéologiques (protégées par des planchers vitrés) qui, grâce aux travaux constants de l’équipe du Templo Mayor, confortent nos connaissances de ce fascinant peuple Mexica.

www.templomayor.inah.gob.mx
http://cdmxtravel.com/es

Tags: Aztèques, Mexico, Hernan Cortes, Tenochtitlan, Mexicas, Tlaloc, Moctezuma, Bernal Diaz del Castillo, La conquête du Mexique

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