Destination Mexique: Magie ailée dans les montagnes du Michoacán

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Magie ailée dans les montagnes du Michoacán

Magie ailée dans les montagnes du Michoacán

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Le spectacle est grandiose : des grappes sombres explosent dans le ciel laissant jaillir des milliers de papillons monarques qui glissent entre les sapins, virevoltant dans la lumière sous le regard ébahi des visiteurs.

C’est une merveilleuse aventure à laquelle nous convie le Mexique qui abrite au cœur des montagnes du Michoacán, à quelque 200 km de la capitale, un trésor fragile et fascinant : des dizaines de millions de papillons monarques venus hiberner dans les forêts de pins oyamels qui gravitent sur les pitons de la Sierra Madre.

Texte : Christiane Goor - Photos : Charles Mahaux (Envoyés Spéciaux)

Le sanctuaire Sierra Chincua.

Tout commence à Angangueo, un ancien village minier qui a surgi de terre lorsque des prospecteurs d’or et d’argent y ont découvert vers la fin du 18ème siècle des veines aurifères. Des Espagnols d’abord, mais aussi des Français et des Étasuniens y ont travaillé, creusant des tunnels et ramenant vers l’air libre des dizaines de wagons de cailloux jusqu’à ce qu’une explosion provoque la mort tragique d’une vingtaine de mineurs au siècle dernier. Depuis les tunnels ont été fermés et le village s’est endormi. Seules des fresques murales qui décorent une ruelle du village rappellent ce que fut la vie minière autrefois à Angangueo.

Mais depuis la fin du siècle dernier, des chercheurs ont découvert que les papillons monarques hibernent au coeur des montagnes toutes proches et le Mexique s’est fait un devoir de protéger sous le label de Réserve de la Biosphère du Papillon Monarque les quatre parcs fréquentés par l’insecte migrateur. Deux d’entre eux sont ouverts au public entre octobre et fin février, le sanctuaire El Rosario, à une douzaine de km d’Angangueo et le Sierra Chincua, plus proche, à 6 kilomètres à peine.

Pouvoir admirer les papillons se mérite, la balade est ardue. Si Angangueo est déjà à 3000 mètres d’altitude, le sanctuaire est encore plus haut, à 3500 mètres. Quand on atteint l’entrée du site, il faut laisser 35 pesos de frais d’entrée (environ 2 euros) et un guide est désigné pour vous mener jusqu’au cœur de la forêt, là où vivent les précieux lépidoptères. N’attendez pas de ce guide des informations, la plupart ne connaissent pas grand-chose sur les monarques. Par contre le chemin est balisé de quelques panneaux d’interprétation intéressants. Le sentier est escarpé et caillouteux et l’altitude coupe le souffle des touristes d’un jour. Il faut compter près de deux heures de marche à l’ombre fraîche d’une forêt de feuillus puis de pins appelés ici oyamels dont l’odeur spécifique des aiguilles attire les papillons. A moins que l’on ne choisisse la formule plus reposante mais aussi plus chère de louer un cheval. Le silence est à peine troublé par quelques cris d’oiseaux. Quand soudain le guide désigne du doigt un ensemble encore plus sombre de sapins gigantesques, on ne sait trop ce qu’il faut regarder.

S’accrocher aux broussailles et s’enfoncer davantage encore dans la forêt, là où le soleil ne filtre pas encore. Les yeux levés vers la cime des arbres, on découvre alors une multitude de papillons, agglutinés en grappes, ailes et corps enchevêtrés pour mieux lutter sans doute contre le vent et le froid. Ces gros essaims orangés atteignent jusqu’à 50 centimètres de diamètre et balancent doucement au gré d’un souffle de vent. Ailleurs ce sont les troncs qui sont recouverts de papillons, dessinant ainsi un épais manteau.

Il faut attendre que le soleil soit au zénith pour que les papillons sortent de leur léthargie et s’empressent de voler à la recherche d’un peu d’humidité pour étancher leur soif.  En effet, durant leur repos hivernal, les monarques ne se nourrissent pas mais pour survivre ils doivent se désaltérer régulièrement. Cette fois, on mesure aussi que le froid trop vif a eu raison de centaines de papillons qui jonchent le sol, à moins que ce ne soit déjà des mâles qui ont agonisé après avoir rempli leur devoir de reproducteur ? Pour les communautés Mazahuas et Otomis qui vivaient dans la forêt, les papillons dont l’arrivée coïncide avec la fête des morts étaient les âmes des ancêtres venus les visiter.

Le papillon monarque, un chevalier du ciel.

En été, il est aisé de surprendre dans les campagnes canadiennes et du Midwest étasunien ces jolis papillons d’un rouge orangé piqué de taches noires qui volètent de fleur en fleur dans une insouciance apparente. Leur longévité est estimée à 4 semaines tout au plus. Cependant il est une génération, la bien nommée Mathusalem, celle de fin août qui semble développer une capacité de survie de près de 7 mois.

C’est que l’automne venu, les papillons monarques, alertés par les jours qui raccourcissent et les nuits fraîches, se gavent de nectar pour accumuler un maximum d’énergie avant leur grand envol vers le sud, poussés par un incroyable instinct qui les stimule à migrer vers le Mexique, sans que d’autres congénères ne leur indiquent le chemin. Cette longévité exceptionnelle s’explique entre autres par le fait que les papillons monarques ne développent aucun organe reproducteur avant leur périple, ce qui leur offre une économie d’énergie considérable. Ils se dirigent grâce à la position du soleil et la nuit, ils se rassemblent dans des aires de repos, les mêmes depuis des décennies. En chemin, ils prennent le temps de butiner de fleurs en fleurs car il leur faut accumuler une grande quantité d’énergie pour voler mais aussi pour hiberner, d’autant qu’ils ne se nourrissent guère durant leur séjour mexicain. Au terme d’un périple de deux mois, les monarques arrivent au Michoacán durant le mois d’octobre et dès la mi-février, comme la température ambiante augmente, ils s’enfoncent vers le bas des montagnes à la recherche de fraîcheur et d’humidité. Début mars, la danse nuptiale commence dans un envol magique de millions de papillons qui dure quelques jours à peine. Spectacle magique de la forêt qui frémit des battements d’ailes de la parade amoureuse. Le sol se couvre alors d’un tapis flamboyant et tout naturellement, les papillons épuisés se posent sur la tête des touristes muets devant cette extraordinaire exhibition. Les mâles mourront sur place, épuisés par leur tâche et les femelles reprendront la route. Elles aussi mourront durant leur périple après avoir pondu leurs œufs et c’est souvent la 3ème, voire la 4ème génération qui reviendra au Canada. Une seule génération passera sa vie complète dans les pays du Nord et c’est la dernière du cycle, les papillons d’août, qui reprendra la route du Mexique.

Tags: papillons, monarques, Michoacán

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