Destination Mexique: Cantona, Merveille de l’urbanisme mésoaméricain

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Cantona, Merveille de l’urbanisme mésoaméricain

Cantona, Merveille de l’urbanisme mésoaméricain

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Cantona, dans l'Etat de Puebla, la ville la plus urbanisée du Mexique préhispanique connue, a été construite au moment de la perte du pouvoir des grandes villes de la période « classique »

Cantona, la ville la plus urbanisée du Mexique préhispanique connue, a été construite au moment de la perte du pouvoir des grandes villes de la période « classique » à la faveur des groupes militaires de la période « post-classique », une étape de mouvements sociaux, déséquilibres politiques, transformation et adaptation à un nouveau mode de vie.

Les travaux de recherche, exploration et restauration de cette cité archéologique ont commencé il y a peu de temps, mais d’après les travaux intenses déjà réalisés, on peut se donner une idée de la grandeur et la complexité de cette ville préhispanique.

Cantona est l’une des rares villes du Mexique ancien dont la planification est élaborée. Elle recouvre presque 12 kilomètres carrés, divisés en trois grandes unités, le Sud (laquelle a été la plus saccagée mais la mieux conservée), presque cinq kilomètres carrés, le Centre et le Nord, détruites par le travail agricole, environ trois kilomètres carrés et demi chacune.

Suite à une reconnaissance du matériel culturel du site, le travail s’est concentré sur l’unité Sud, là où était l’Acropole. Cette partie surélevée, où se trouvent les structures archéologiques, hébergeait les pouvoirs politique, économique et religieux. C’est ici que l’on a recherché une zone dont l’exploration, la restauration et le réaménagement pourraient donner une idée de la planification, l’organisation et le contrôle de la population et des « visiteurs » .

La ville de Cantona était desservie par un vaste réseau de voierie - chaussées, passages, ruelles -, qui reliait tous les habitants, lesquels demeuraient dans des espaces définis délimités par des murs périphériques appelés patios. Tous les patios étaient accessibles par l’une de ces rues. Il y a 3.000 patios dans l’unité Sud de Cantona - laquelle semble avoir été la plus urbanisée -; à l’intérieur de chacun vivait une famille plus ou moins étendue, ce que l’on peut déterminer en comptant le nombre de plateformes - fondations - existantes.

La plupart des rues ont été construites en surélevé, munies de murs latéraux et de caniveaux pavés. Ces rues sont plus ou moins longues, certaines de plus d’un kilomètre de long, beaucoup d’autres de 500 mètres, et bon nombre atteignant les 200 à 300 mètres. Non loin de 300 passages - avec ou sans murs latéraux - mesuraient moins de 50 mètres.

Des chemins pavés traversaient la région - surtout vers l’Est -, et débouchaient dans la vallée, où se trouvaient des villes et villages sous le contrôle de la grande cité.

Située entre 2.500 et 2.600 mètres d’altitude, Cantona est construite sur un ébrasement basaltique à versants latéraux. La population rurale habitant dans les patios vivait sur la partie basse des versants, les personnes d’un certain rang social sur la partie médiane, et sur la partie supérieure de l’unité Sud se trouvaient les temples et autres constructions civiques et religieuses, ainsi que les résidences des chefs et des dirigeants.

Á Cantona, aucun ciment ni mortier n’a été utilisé pour unir les pierres, ni de stuc ni de boue pour les recouvrir. Les pierres ont simplement été placées les unes sur les autres avec un peu de terre. Une autre caractéristique importante est le manque de symétrie. Les constructions ont exploité la surface naturelle, intégrant la région à leur architecture.

À Cantona, les terrains de jeux de paume sont un élément important. On en connaît 24, ce qui place la ville au premier rang quant au nombre de jeux. Parmi les 24, 12 intègrent des ensembles architecturaux alignés caractérisés par une pyramide, une ou deux places, avec des structures architecturales périphériques, un autel et une cage. Les 12 autres sont des cages comme celles qui existent dans le reste de la Mésoamérique : intégrées au domaine civique-religieux, mais sans ensembles architecturaux. Dix des 12 jeux « type Cantona » se trouvent dans l’Acropole, et trois d’entre eux comportent deux places.

Divers soubassements en pyramide, avec des places limitées par des trottoirs et d’autres structures superposées sont présentes, la plupart dans l’Acropole. La plupart de ces places se trouvent sur des plateformes, avec des places enfoncées. Il s’agit apparemment d’espaces réservés aux cérémonies religieuses, bien que d’autres aient joué un rôle administratif. Il se pourrait aussi que ce soit les soubassements d’habitations de la haute hiérarchie.

Cantona était une cité forteresse, outre son emplacement dans une région qui lui conférait ce caractère et le contrôle total de la circulation. Elle comportait un fossé, limitrophe avec la vallée, des accès protégés, et divers postes militaires. Du fait de son développement dans une époque de conflits sociaux et de chaos, et d’après son importance politique et économique, Cantona devait être située dans une zone facilement défendable. Au fur et à mesure que les invasions de groupes du nord se multipliaient, la ville a continué à se fortifier en fermant ou en resserrant ses rues, en construisant des postes militaires, et en réduisant les accès.

Les rituels et les cérémonies religieuses sont évidents à Cantona, non seulement dans la présence d’ensembles de jeux de paume, de places civiques et religieuses, mais également par des vestiges d’enterrements humains, lesquels démontrent la cérémonie religieuse complexe : décapitation, mutilation, démembrement. Il manque encore une analyse approfondie de la documentation récupérée par des spécialistes en anthropologie physique, des rituels et sacrifices humains des cérémonies religieuses.

L’une des cérémonies les plus importantes à Cantona était celle des rites agricoles et de la fertilisation. L’une des découvertes qui en attestent est composée de petites sculptures phalliques disposées sur un ensemble d’ossements humains, le tout placé sur un grand masque au pied de l’escalier d’une des pyramides les plus grandes et élaborées du site. La cérémonie a dû avoir lieu au moment de l’abandon du site, ou du retour à cet endroit déjà abandonné.

D’autres sculptures phalliques ont été retrouvées dans la pyramide de la place centrale, appelée aussi « Fertilisation de la Terre » , dans l’ensemble du jeu de paume n°7, ainsi que dans d’autres endroits de la ville préhispanique.

Outre les produits agricoles, les habitants de la cité vivaient du commerce de l’obsidienne, qu’ils trouvaient dans les gisements de la région, surtout dans les mines d’Oyameles et du Pic d’Orizaba, comme en témoigne la présence de grands ateliers.

Cantona est une ville intéressante à étudier sur de nombreux autres niveaux, notamment pour ses connaissances et registres astrologiques, le contrôle et le blocus « commercial »  qu’elle a exercé lors la chute de Teotihuacan. Ce site, occupé entre l’an 600 et 1000 de notre ère, a connu son apogée entre 700 et 900, mais il n’a pas pu résister aux pressions de groupes - peut-être chichimèques - étrangers à la région, ni aux forts changements de climat qui ont eu lieu à l’époque – une grande sécheresse et une chaleur accrue. Vers 1050, la ville a été abandonnée.

Tags: Teotihuacan, Puebla, Mésoamérique

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